Opinion

Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 11:22
Budget.jpg La droite UMP / MPF vient d’annoncer sa mesure « phare » : la gratuité des transports scolaires pour les lycéens. Cette mesure qui se réclame du « pouvoir d’achat », peut paraitre séduisante de prime abord. Dans les faits, cela tient plus de l’effet d’annonce que d’une décision responsable d’un candidat à la présidence de région.
Pourtant, Christophe Béchu à la tête d'un département fort endetté et dont la fiscalité augmente au point que dans sa propre majorité, son budget soit chahuté, devrait prendre la mesure des éclairages suivants :

- La question du transport autocar / bus ne relève pas de la région, mais des conseils généraux et intercommunalités. Annoncer la gratuité pour les familles pourrait voir un report sinon un désengagement progressif de la part de financement des collectivités, par l’effet d’aubaine d’une prise en charge par la région.
- Annoncer la gratuité c’est abuser l’opinion publique. Tout à un coût et il faut bien prévoir les augmentations de fonctionnement (salaires) annuellement et le renouvellement du parc d'autocars dus à l’usure.
- En pleine réforme des collectivités territoriales et du manque de marge de manœuvre financière, la question de la dette (de l’état et des régions) est réelle et les français savent bien, qu’après les élections, ils vont subir une hausse d’impôts. Annoncer une gratuité est irresponsable alors que les lendemains sont incertains.
- Cette mesure est injuste en ne profitant pas à tous les lycéens. Pour ceux dont les transports en commun sont inexistants entre le lieu de domicile et ville d’étude, et qui sont contraints d’utiliser une voiture ou être véhiculés par leurs parents notamment.
- Justifier cette mesure au nom du pouvoir d’achat : pardon, mais le « président du pouvoir d’achat » élu en 2007, chacun a pu en apprécier la sincérité…

Alors qu’il faut rechercher les économies à réaliser en créant des synergies indispensables, en mutualisant et en dopant la coopération les différents niveaux de collectivités, nous proposons au Mouvement Démocrate de créer un pass unifié de transports (Billetterie commune à toute la Région incluant tous les transports en commun, TER, cars départementaux, transports intercommunaux, minibus, et permettant des tarifs dégressifs adaptés aux besoins et distances de chacun et garantissant la péréquation par la mutualisation des moyens).
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 20:40

http://www.generationsengagees.fr/userfiles/images/identite_nationale.jpgLe débat relancé sur l’identité nationale par le chef de l’Etat agite un certain nombre de repères à un moment où il est surtout nécessaire que chacun soit rassuré devant l’avenir alors même que le destin n’est plus balisé. Ce constat soulève t-il de grandes peurs autour de l’identité, de perdre son identité ?  Donc en plus haut lieu, on fait le débat sur l’identité nationale... !

Premièrement, définir l’identité nationale fait référence à l’histoire heurtée de la nation.  Au Moyen-âge, la nation française était celle de l’Ile de France, il y avait la nation picarde, flamande, etc... La nation c’était la communauté d’origines moins diverses qu’aujourd’hui ; mais c’est ainsi que la nation s’est construite. Puis on a bâti des royaumes. A la révolution, l’idée de nation politique est née du fait que la souveraineté n’est pas dans le souverain, mais qu’elle est dans le peuple.

Ce sont ces deux sens qui sont constamment chahutés à l'intérieur de la réflexion : nation comme origine / nation comme communauté de citoyens.

Faire référence à l’histoire (à un moment ou l’on veut supprimer l’histoire en terminale scientifique) est [à mon sens] ici indispensable pour comprendre que les peuples doivent savoir d’où ils viennent pour comprendre où ils vont. J’ai rencontré il y a peu lors des commémorations en hommage aux harkis, un enfant d'immigrés venus de l'autre côté de la Méditerranée. Né ici, il m’a interpellé au sujet de ce débat en m’expliquant que pour lui se souvenir d’où il vient : "c'est être mieux dans sa peau".
Je lui ai dit que l’identité nationale c’est à la fois être capable d’admettre la nation comme origine, et la nation comme communauté de citoyens… ceux qui se reconnaissent membres du même peuple, par la langue. Parce que lorsque l’on est coupé de ses racines, il n’y a pas de lien plus profond à l’intérieur du peuple d’accueil que celui de la langue : ce lien commun qui fait de nous un peuple.

Deuxièmement, l'identité de la France ne serait pas ce qu'elle est si nous ne respections pas les valeurs républicaines qui ont fait de nous un peuple de citoyens. La République, ce n’est pas qu'un slogan au fronton des mairies, c'est un projet en soi : « Liberté, égalité et fraternité à l'intérieur de nos frontières et dans le monde », tel est le projet de la République Française.
Chaque fois qu'il a été manqué à la fraternité entre les peuples (discours de Dakar), chaque fois qu'il a été porté atteinte à la laïcité (discours de Latran), chaque fois que des choix sont faits qui sont des choix de préférence pour mettre ses proches dans les situations de responsabilité (Epad)… A tous ces exemples, à chaque fois, il est porté atteinte à l'identité nationale par le Chef de l’Etat.

Pour conclure, ce débat peut trouver du sens s’il favorise l’intégration de la diversité culturelle, propre aux sociétés ouvertes ; plutôt que l’expression d’un républicanisme inadapté aux valeurs collectives de la nation démocratique… parce que le risque du pire, serait d’ethniciser les rapports sociaux.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 00:33
Classé au premier rang mondial par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2000, le système de santé français avec l’assurance maladie vit désormais sur sa réputation d’un formidable outil de redistribution sociale. Alors que la Commission des comptes de la Sécurité sociale a annoncé un déficit 20,1 milliards d'euros pour 2009, Le chef de l’Etat, invité au 39ème congrès de la mutualité française à Bordeaux le 4 juin dernier, a prononcé un discours qui risque profondément de modifier ce qui fait le socle, le principe même de la sécurité sociale.

Précisant que les « ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies » et que « les régimes de base ne pourront pas tout financer », le Président de la République ajoute que « les réponses concrètes doivent être fondées soit sur la solidarité nationale soit sur d’autres systèmes qui s’en inspirent ». Ainsi, le principe de  « La solidarité nationale, financée par des prélèvements obligatoires, continuera de remplir sa mission » mais « à ses côtés, d'autres formes de protection sont appelées à se développer (...). Je souhaite que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires. »

Si les mots ont le sens de ce qu’ils sont, et que les actes suivent, alors c’est un recul clair et net de la solidarité nationale déjà mis à mal face aux inégalités qui se creusent : la promesse d'un égal accès aux soins pour tous est de plus en plus démentie par les faits, détricotée à coups de franchises (payées par le malade), de déserts médicaux et de dépassements d'honoraires… Recul parce qu’une nouvelle clé de répartition des remboursements entre assurance-maladie et les mutuelles, instituts de prévoyance, assurances privées, viendrait à augmenter la part de soins remboursés par ces organismes complémentaires… en d’autres terme, accepter une privatisation partielle du système de santé.
Si une majorité de nos concitoyens pourrait assumer cette augmentation, qu’en sera-t-il de ceux (très nombreux) qui détiennent une mutuelle de mauvaise qualité voire ceux qui n'en ont pas du tout, quand on sait que l’absence de couverture complémentaire est un facteur important de renoncement aux soins : on estime à 7% de français qui ne peuvent ni bénéficier de la Couverture –Maladie Universelle, ni souscrire à une mutuelle complémentaire. Le plus souvent, ces personnes sacrifient les soins bucco-dentaires, l’optique, les consultations médicales avec dépassement d’honoraires : c'est-à-dire, tout ce qui est mal remboursé par la Sécurité Sociale et qui constituent un obstacle dans l’accès aux soins

Que proposer ?

Face au vieillissement de la population et l’augmentation des demandes de soins, il faut réviser les bases financières et les contours de la Sécurité Sociale.
Nous sommes face à un déficit conjoncturel, en période de récession grave avec des recettes de la protection sociale qui diminuent. Pour autant, on ne peut que regretter l'absence de débat devant les français sur les mesures à prendre pour limiter les difficultés de financement de la protection sociale.

Le gouvernement n’entend pas refinancer la sécurité sociale par la hausse des prélèvements obligatoires, principe de base de la redistribution entre hauts et bas revenus, idées fondatrice de la Sécurité Sociale. Le Président Sarkozy préfère l’augmentation du champ de prise en charge par les organismes complémentaires ce qui se traduira inévitablement par une hausse des primes et creusera encore davantage les inégalités d’accès à la santé…
Ce ne sera plus chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction des ses besoins, mais chacun reçoit en fonction de ce qu’il aura réussit (ou non) à payer.
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 21:44

nullLa taxe carbone en France :

Si nous ne pouvons que souhaiter ardemment que les dirigeants du monde entier prennent leurs responsabilités pour lutter contre le réchauffement climatique, la mise en place d’une taxe carbone à l’échelle de la France, pour être acceptable, devrait répondre à trois critères : être simple, juste et efficace.

La mise en place est loin d’être simple

Ainsi au principe pollueur = payeur, plus l’activité émet du CO2, plus elle doit être taxée. Or les principaux pollueurs, les industriels ne paieront pas la taxe carbone puisqu’ils sont déjà soumis aux quotas européens gratuits jusqu’en 2013. De plus, si nous prenons notamment le cas d’un pays comme la Chine principal pays exportateur à l’industrie lourdement polluante, il n’est pas prévu que ses produits soient soumis à la taxe carbone pour intégrer le marché national.

C’est une mesure opposée à la justice sociale

Si chacun, particulier, ait intérêt à être vertueux en limitant son empreinte écologique et en changeant ses comportements, rien ne permet d’apprécier l’efficacité écologique face à l’acceptabilité sociale de cette taxe. Je pense en particulier aux ménages modestes contraints d’habiter en dehors des agglomérations, loin de leur lieu de travail, qui paieront d’avantage que les citadins plus aisés et qui bénéficient de système de transports en communs plus nombreux.

Quelle efficacité pour quel progrès ?

S’il s’agit de mettre les recettes au profit de la recherche ou pour encourager les comportements responsables, alors on peut espérer que cette taxe ne soit pas un rideau de fumée. Mais s’il s’agit de compenser la baisse de la taxe professionnelle voulue par le président Sarkozy alors que les caisses de l’’Etat sont aux abois, alors l’efficacité écologique sera nulle.

Pour autant, nous somme face à l’impérieuse nécessité de soutenir le principe de réduire l’émission de gaz carbonique, mais cela doit passer par une réflexion et révision globale de la fiscalité. S'il faut intégrer l'écologie dans la fiscalité, il faut veiller à ce que cela ne pénalise pas les familles aux revenus modestes. C'est l'Europe qui devrait jouer un rôle pour cet enjeu supranational en orientant une fiscalité écologique qui soutienne de nouveaux modes de production et de consommation sans que cela vienne déséquilibrer la compétition entre états membres. 

une "TVA verte" européenne ? :

A une taxe coercitive
pour le particulier qui n’a pas d’autres solutions, j’aurai préféré une taxe incitative qui encourage les énergies « vertes » et les comportements éco-citoyens : avec la mise en place d’une TVA verte à taux réduit. (Mais n’avons-nous pas grillé une cartouche avec la mise en place d’une TVA à taux réduit pour les restaurateurs qui coutera 2,5 milliards d’euros par an alors que l’allègement du cout du travail en révisant les charges sociales sur un nombre de salarié, une période donnée, aurait permis à ces professionnels les marges de manœuvre nécessaires pour favoriser leur activité et donc l’emploi en période de crise ?) 

une "Taxe Tobin verte" en vue des négociations internationales ? :

Marielle de Sarnez et Jean-Luc Bennahmias, députés européens
et vice-présidents du Mouvement Démocrate, se sont prononcés au Parlement européen, jeudi 3 septembre, en faveur d'une "taxe tobin verte" en co-signant les amendements déposés en commission du Développement par le députée européen Vincent Peillon et une coalition "arc-en-ciel" d'eurodéputés. Ces amendements ont été adoptés, et ce malgré l'opposition du groupe du Parti Populaire Européen (PPE, droite) au Parlement européen.

Les négociations internationales en vue de la Conférence de Copenhague contre le changement climatique achoppent sur la question du financement de l'effort des pays en développement dont le coût est évalué entre 50 et 135 milliards de dollars par an. Moins de 500 millions de dollars ont pour l'instant été mis sur la table par les pays occidentaux, pourtant principaux producteurs de gaz à effet de serre. Selon  Jean-Luc Bennahmias, "avec une taxe Tobin même limitée à un taux de 0,1%, nous pourrions déjà lever plus de 250 milliards de dollars par an pour lutter contre le réchauffement climatique, permettre à la moitié de l'humanité de continuer à se développer et initier une nouvelle ère de régulation du capitalisme global".

Cette proposition de "taxe Tobin verte" constitue un signal extrêmement fort envoyé aux Etats et à la Commission, mais aussi à l'ensemble des interlocuteurs sur la scène internationale.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 12:54
Le verdict de dix-huit mois supplémentaires d'assignation à résidence à l'encontre de la lauréate du prix Nobel de la paix, pour avoir hébergé (malgré elle) les 4 et 5 mai dernier un ancien soldat américain qui dans des circonstances mystérieuses a réussi à gagner à la nage sa demeure surveillée, met en avant à la fois la contestation internationale mais aussi les difficultés du conseil de sécurité de l’ONU sur un accord de déclaration commune (La Chine, principale alliée de la Birmanie, a appelé mercredi la communauté internationale à "respecter totalement la souveraineté de la justice birmane").

Dirigeante de la Ligue pour la Démocratie, cette décision l’écarte de fait du paysage politique pour les élections controversées que la junte militaire au pouvoir entend organiser en 2010.
Alors que l’opposante birmane est assignée à résidence depuis près de 14 années, le chef d’accusation retenu contre elle est de n'avoir pas dénoncé aux militaires l'intrusion de cet américain aux soldats entourant sa résidence surveillée (américain mormon qui prétend avoir eu une vision selon laquelle la "Dame" de Rangoun allait être assassinée). Manipulation ? Piège ? Quoi qu’il en soit, la sentence des généraux birmans vient briser le seul espoir qui subsiste au peuple birman pour la démocratie.

Usons de toutes nos prérogatives et de notre influence pour agir en faveur de la libération d’Aung San Suu Kyi. Apportons notre soutien citoyen aux droits de l’homme et à la démocratie. Pour Ingrid Betancourt, la forte mobilisation citoyenne a contribué à sa libération en faisant pression à la fois sur le gouvernement colombien et les FARC. Si par son intervention, l'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni-Sarkozy, s’est positionnée en faveur de l'opposante birmane, il faut que tout le monde apporte son soutien à Aung San Suu Kyi et que la France aille plus loin : faisons d'Aung San Suu Kyi « citoyenne d’honneur » nationale pour qu’elle puisse poursuivre son combat pacifique en faveur de la démocratie en Birmanie.
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 09:44
En votant finalement l’extension du travail le dimanche, qui prend place au rang du « travailler plus pour gagner plus », le parlement fait courir trois risques pour des raisons simples :

Cette loi ne va pas créer d’emplois nouveaux.
L’argent dépensé le dimanche ne pourra plus l’être pendant la semaine. Le chiffre d’affaires réalisé le dimanche c’est donc autant de moins réalisé la semaine ; et par voie de conséquence, les emplois nécessaires le dimanche seront autant d’emplois en moins la semaine.

Le principe du volontariat des salariés ne tient pas.
La part du « libre choix » du salarié de travailler ou non le dimanche pose question compte-tenu du lien de subordination avec son employeur.
Par ailleurs les dérogations sont de plein droit dans 3500 communes touristiques et 523 zones classées auxquelles on peut potentiellement rajouter 6000 communes à vocation touristiques. En ce qui concerne la vingtaine de PUCE « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » (agglomération urbaine de plus d’un million d’habitant), ce dispositif vient finalement légaliser des situations d’ouvertures illégales pratiquées jusqu’alors, sources de contentieux juridiques.

Pas de pouvoir d’achat supplémentaire pour les salariés.
Les salaires doublés (ou repos compensateur) concerneront au final que très peu de personnes qui travailleront le dimanche, puisque cette mesure ne s’appliquera pas aux dérogations des communes touristiques et zone classées. En ce qui concerne les PUCE, cette mesure s’appliquera qu’en l’absence d’accord collectif, si l’autorisation a été accordée à la suite d’une décision unilatérale de l’employeur. En d’autres termes, les conventions collectives ou accords de branches qui peuvent exister (dans la distribution par exemple) pourront ouvrir droit à l’obtention de primes, mêmes mineures.

Où est l’intérêt social de cette loi ?
Pour les cas concernés par le doublement du salaire, il n’y a pas de « libre choix » possible pour celui ou celle qui compte à l’euro près à la fin du mois, surtout quand elle élève seule ses enfants. Pour les petits commerces souvent tenus par un couple seul sans employé, ils n’auront pas d’autre choix que d’ouvrir. Dans le cas ou les personnes concernées sont parents, soit les enfants seront seuls à la maison, soit il faudra trouver une solution de garde le dimanche.
Mais le fait d’avoir ou non des enfants ne doit pas être le seul argument : si nous concevons la politique avec notamment la préoccupation d’un contrat social, alors il est bon qu’une journée ne soit pas consacrée au profit, mais à la construction et l’émancipation de ce que nous sommes en donnant la priorité aux siens, à la famille et aux amis, au vivre ensemble, à l’éducation, la culture, le sport : c’est un choix politique, un choix de société.
Pour des raisons personnelles, professionnelles et par mes responsabilités politiques, je sais très bien qu’il y a des secteurs dans lesquels on travaille le dimanche pour des raisons évidentes liées aux conditions d’activités (Hôtellerie, Tourisme, Santé…) ; cela n’enlève pas pour les personnes concernées qui ont fait ce choix, de reconnaître les difficultés que cela peut coûter. De là, à souhaiter l'étendre à d'autres... !
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 22:22

Les élections européennes passées, nous devons prendre en compte un ensemble recommandations qui nous engagent notamment à :

- Nous concentrer sur nos fondamentaux dans le respect de nos chartes éthiques et nos valeurs ;
- Conduire un projet jusqu’à son terme en proposant des engagements cohérents avec les enjeux de l’élection ;
- Susciter l’adhésion au projet par une démarche concertée et entreprenante.

N
ous savons que le scrutin d’une élection ne peut pas être dupliqué sur un autre en raison des enjeux qui sont différents. Nous n’avons pas eu le moment attendu parce qu’un certain nombre de paramètres n’ont pas conduit les électeurs aux urnes et/ou les ont détournées de notre famille de pensée.

Mais attention à ne pas surinterpréter les résultats des élections européennes du 7 juin qui doivent être maniés avec prudence. L'ampleur de l'abstention(1), qui atteint un niveau record de 59,4 % fausse de manière importante les perspectives. Les bons scores de l'UMP et d'Europe Ecologie sont dus à l’abstention la plus importante de l'électorat populaire.

L’alternative entre la gauche dure antilibérale, nationaliste et la droite sarkozyenne, est réelle tant l’espace politique est important : de la gauche réformiste, les sociaux démocrates, les écologistes, à ceux qui défendent une économie de marché tempérée par la solidarité et respectueux de nos valeurs républicaines et dans une mondialisation régulée par le droit et la puissance publique… : les humanistes.

Les élections présidentielles ont suscité enthousiasme et espoir parce que nous défendions l’idée de faire la politique autrement : en ayant une position centrale, indépendante par un soutien sélectif et une opposition autonome à tout autre courant face à la politique actuelle qui conduit la France et la société… N’oublions pas notre passé, ce pour quoi nous avons vécus, au risque de compromettre notre avenir.

Ne sombrons pas dans le pessimisme ou en succombant aux insinuations d’alliances déclarées à chaud au lendemain d’une élection, basées sur des circonstances en fonction du contexte et non de principes intangibles. Ceci serait ravageur pour les idées que nous vivons, et que nous porterons demain avec celles et ceux qui se rassembleront autour d’un projet basé sur des valeurs humanistes, en soutenant les politiques respectueuses qui conditionnent le développement de notre société dans son environnement.

Il nous faut agir plutôt que réagir : à nous de nous situer dans cet espace politique central et de nous retrouver.

(1)- abstention de 59,4 % dont l’analyse par tranche d’âge fait ressortir un phénomène d'abstention massif chez les 18-24 ans (70 %) et les 25-34 ans (72 %), ainsi qu'à un niveau moindre chez les 35-49 ans (64 %), alors que l'électorat plus âgé s'est davantage déplacé : 42 % d'abstention chez les 65 ans et plus. Par ailleurs, l'électorat populaire s'est fortement abstenu : 69 % chez les ouvriers et 66 % chez les employés. On enregistre également un très fort taux d'abstention parmi les artisans, commerçants et chefs d'entreprise : 77 %.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 22:38

La politique de défiscalisation des heures supplémentaires (loi TEPA : Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat votée en aout 2008) mise en place par le gouvernement a nettement dégradé la situation en période de crise.  Les entreprises préfèrent bénéficier d’exonérations d’heures supplémentaires, et ne pas recourir aux missions de travail temporaire qui visent tout particulièrement les 18-24 ans.  Inciter les entreprises à faire des heures supplémentaires alors qu’il n’y a plus d’activité est nuisible et provoque indéniablement une concurrence entre le temps de travail et l’emploi, au détriment des jeunes, plus précaires (alors que l’intérim permettait une relative voir certaine stabilité professionnelle et autonomie grâce aux successions de missions intérimaires).

L’INSEE nous indique qu’il y a une augmentation des heures supplémentaires au cours de la période récente, alors qu’en période de crise, la variable d’ajustement, c’est justement le temps de travail avec en principe des mises en chômage partiel suivies ensuite par le non renouvellement de missions intérimaires, de CDD jusqu’aux plans de licenciements. Même si le chômage n’est pas seulement dû à cette loi, cette mesure de flexibilité du travail ajoute la crise à la crise, en ce sens qu’il n’y a pas eut d’amortisseur de la durée de travail, et démontre aujourd'hui dans les faits que les entreprises se séparent en priorité des jeunes. Dans le Saumurois, la baisse de l’intérim approche les – 30 % d’activités.

Dans ce contexte de crise, le gouvernement entend-il maintenir des engagements de campagne de Nicolas Sarkozy envisagés dans une perspective de période de croissance durable et baisse massive du chômage (même si cela pose question d’inciter, à grand renfort d’argent public, les entreprises à faire faire des heures supplémentaires à leurs salariés en poste à plein temps plutôt que d’embaucher des jeunes et des demandeurs d’emploi), alors que les effets néfastes sont incontestables ?
Si la mise en parenthèse paraitrait responsable, au mieux, le gouvernement aurait du favoriser les petites entreprises (TPE et PME) avec des propositions de création d’emplois sans charge.

On le voit aujourd’hui, ce sont les grandes entreprises qui ont le plus de chances d’obtenir des aides alors que ce sont les petites entreprises qui sont les plus fragiles (moins d’autofinancement et plus de contraintes de crédit).
A l’échelle d’un département comme le nôtre, quand une entreprise licencie 300 personnes, on en parle beaucoup, quand ce sont 100 PME qui licencient 5 personnes, on n’en parle pas.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 18:50

Pour illustrer ses intentions en matière de prévention et santé publique, Roselyne Bachelot annonçait en février dernier « Ce que je veux, c'est qu'on en vienne à ce qui est la pureté de cristal de la loi : pas d'alcool pour les mineurs, c'est clair, c'est simple ».

Articles après articles discutés dans le cadre du projet de loi « hôpital, santé, territoires » : tout ne semble pas « si clair et si simple » tellement les amendements majoritairement soutenues par des députés UMP ont conduit la Ministre de la santé à s’opposer à des mesures de santé publique pourtant affichées, et à plier face au lobby des produits alcoolisés au prétexte de défendre la filière viticole.

Madame Bachelot, votre main droite ne peut pas ignorer ce que fait votre main gauche, au risque de conduire une politique incohérente destinée à concilier l'inconciliable, en l'occurrence les impératifs de santé publique et les demandes insistantes des industriels du secteur pour lever les carcans qui brident leurs stratégies commerciales.

Sans revenir sur l’autorisation de vendre de l’alcool entre 8h et 18h dans les stations services qui par voie de fait favorisera l’alcool au volant (1/3 des accidents de la route) ; la plus contestable des décisions concerne la publicité sur Internet. Il est certes illusoire de croire qu’un adolescent ne puisse pas naviguer sur des sites qui ne lui sont pas destinés ou sur des sites étrangers, mais c’est vouloir une chose et son contraire que de vouloir légitimement lutter contre l’alcoolisation ravageuse des jeunes et ouvrir une brèche dans la loi Evin quand personne n’ignore qu’Internet est le média préféré des jeunes.

Tout ceci ajouté à l’interdiction de vente d’alcool dans les formules « open bars » (entrée payante et boissons à volonté), aux mineurs dans les bars et autres distributeurs, constituent un ensemble de mesures qui ne peuvent à elles seules engager une politique de santé publique.

Nous devons nous arrêter sur l’évolution des comportements.
Si pour les générations précédentes, l’ivresse était parfois la résultante d’une soirée, elle est aujourd’hui l’objectif recherché chez les jeunes dont le « binge drinking » ou « murge express » en sont le nouveau fléau. Une politique prohibitive n’est pas de nature à changer les comportements pour au moins deux raisons :

- Tout d’abord, si l’on ne s’interroge pas sur les raisons de l’alcoolisation excessive, l’ensemble des mesures perçues comme coercitives chez les jeunes risquent de produire l’effet inverse. Les jeunes fument-ils moins aujourd’hui parce que le tabac surtaxé atteint des prix dissuasifs ou parce que les messages de prévention reçoivent l’écoute attendue ? Aucune étude ne le dit, et cela pourrait peut-être nous permettre de nous interroger sur le discours sur l’alcool aujourd’hui ? Lors de soirées, lorsque l’on sensibilise les jeunes à organiser leur retour avec « les capitaines de soirées », certes nous sommes dans une logique de prévention routière, mais nous tenons aussi un discours dédouanant toute conduite addictive et dangereuse (forte augmentation de coma éthylique chez les jeunes). La pression économique, sociale, de réussite scolaire, les parents plus présents sur la drogue et le tabac, les prix dans les bars d’un demi de bière (ou un ballon de rouge) généralement moins chers qu'un jus de fruit… sont autant de sources pouvant expliquer les causes de l’alcoolisation.

- La deuxième raison vient du fait que « les jeunes » ne sont pas un groupe homogène, et qu’aborder le sujet réclame nécessairement une approche différente pour être adaptée.

En fait, à une question de société, c’est la société toute entière qui doit être mobilisée sur le sujet. Pour conduire les réflexions nécessaires à un phénomène qui ne se limite pas à une catégorie sociale ni aux limites d’une seule ville (flux lors de soirées…), l’intercommunalité semble une échelle pertinente pour mettre en place et coordonner une politique de prévention.

 

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 11:42

2008 s’achève et aura été particulièrement marquée par la crise financière qui a elle-même pour conséquence une double crise : économique et sociale. Ces crises sont historiques et mettent en évidence la chute d'un capitalisme non régulé. La remise en cause de ce système est de portée comparable avec ce qui a emporté le socialisme soviétique il y a tout juste vingt ans en 1989 avec la chute du mur de Berlin. L’échec de ces deux modèles rend surtout improbable leurs refondations.


La crise que nous vivons n’est  pas une dérive, elle est au centre du système, du modèle qui a pour conséquence l’augmentation des inégalités masquées artificiellement par le crédit surabondant. Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres. Et alors que l’on parle en France de généraliser le travail le dimanche, nous dénonçons au Mouvement Démocrate, que tout miser sur la consommation est un moyen d’engourdir le malaise que nous vivons.

 

Un autre modèle de société

Pour dépasser ce que nous vivons, l’affrontement droite-gauche a largement démontré qu’il n'est plus à l'échelle des problèmes, ni à l'échelle du temps.
Il y a une attente dans nos sociétés de quelque chose de précieux, qui touchent les individus au cœur de leur vie : ce quelque chose qui dépasse le matériel, le financier, le marchand. Cette attente est portée par la nécessité d’une révolution morale, d’une analyse éthique et sur le besoin de porter un idéal européen. 2008 aura également été marquée par une Europe forte qui face à la crise, a su parler d’une seule voix. L’union, cette idée européenne a fait du rêve des générations passées une réalité. Nous, démocrates, convaincus que l'Europe est bien un moyen pour écrire l'avenir et non pour le subir, défendons ce modèle de société qui tient compte de l’histoire de chacun qui nous pousse à préserver cette chance pour les générations futures. Un modèle fondé sur les intérêts collectifs qui participent à la définition de l’intérêt général.

 

Pour que l’Europe soit ce à quoi elle a le droit d’être, nous faisons le vœu pour 2009, que cet autre modèle de société prenne corps, un modèle basé sur nos valeurs humanistes autour de nos valeurs républicaines :

Ÿ la liberté vient en premier ;

Ÿ l’égalité ne se divise pas ;

Ÿ la fraternité permet à la liberté et à l’égalité de vivre ensemble.

 


Pour voir les vœux de François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, cliquez sur la vidéo ci-dessous :


Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /2008 13:37

Jean-Marc Ayrault, reçu à l’Elysée par Nicolas Sarkozy lundi 13/10 disait qu’il n’imaginait pas voter contre le plan de soutien au secteur bancaire. C’était sans dire que les socialistes ne prendraient pas leur responsabilité en s’abstenant, alors que ce projet de loi va dans le bon sens.

Il était important de voter ce texte pour deux raisons :

1) d'abord parce que les démarches faites par les états de manière individuelle ont faillis alors qu’en se mettant d’accord, l’Europe a rendu possible la reprise de confiance dans les marchés.

2) d’autre part, parce que voter ce texte qui prévoit le retour de l’Etat dans l’économie de marché est l’antithèse du modèle qui inspirait tant Nicolas Sarkozy au début de son mandat, système américain fondé sur l’artificiel que nous dénoncions alors comme modèle incompatible avec notre société.

Entre une gauche qui s’abstient quand l’Europe unie prend ses responsabilité et un président de la république qui veut moraliser le capitalisme mondial (en sanctionnant les responsables d’un système économique au service de la finance) qu’il nous présentait il a peu comme modèle ; nos concitoyens qui en vivant simplement vivent pour bon nombre d’entre-eux déjà au-dessus de leur moyens, méritent que la classe politique trouve un nouveau projet de société.

Un projet de société où l’omnipotence de l’argent ne soit pas la valeur d’un système qui vient de se crasher sous nos yeux... ce que nous avons soutenu pour les élections présidentielles et que  nous soutenons toujours avec François Bayrou.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 10:34

Le principe de la laïcité inscrit dans la Constitution constitue un des fondements de notre République. L’article 2 de la Constitution de 1958 réaffirme le premier article de la Constitution de 1946 : « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». La laïcité repose sur deux principes : l’obligation de l’Etat de ne pas intervenir dans les convictions de chacun, et l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion.

La Laïcité est une réponse institutionnelle à la sécularisation du pouvoir qui impose la neutralité religieuse de l’Etat. A ce titre, les propos du discours de Latran prononcé par le chef de l’Etat, portent atteinte à la laïcité.

Alors que depuis la loi de 1905 la religion ne structure plus l’espace social, la laïcité « positive »  provoque à nouveau une polémique. La lettre de Jacques Chirac (2003) adressée à la commission Stasi demandait d’évaluer dans quelle mesure un Etat laïque est-il capable de réaffirmer ses principes tout en reconnaissant la diversité culturelle.

La laïcité « positive » permet-elle la diversité culturelle ? Le risque d’une laïcité différenciée apparaîtrait comme un nouveau facteur déclenchant d’une fragmentation sociale.

Le problème de la protection par l’Etat de la liberté de culte provoque une certaine injustice prévoyant la mise à disposition de lieux de culte pour les religions implantées avant 1905. Or, celles issues des vagues d’immigration plus tardives ne peuvent y prétendre au risque de créer une jurisprudence : la justice devant alors reconnaître LA religion et départager alors LES religions / des sectes, qui s’en réclament.

La laïcité à l’école rencontre deux difficultés. Proposer une école laïque n’a pas pour seul but de soustraire l’éducation de la jeunesse à l’influence d’une religion majoritaire, mais d’intégrer de nouvelles franges de la population attachée à une tradition religieuse qui n’a pas encore fait le chemin de la laïcité. La laïcité à l’Ecole s’est instaurée dans un contexte où l’on pensait (à tort) inéluctable le déclin du fait religieux. Le principe de la séparation ne peut signifier l’ignorance. Si le fait religieux relève de la sphère privée, et les agissements du pouvoir de la sphère publique, il n’est pas moins évident que l’une et l’autre puissent se remettre réciproquement en cause. La laïcité est-elle victime de son succès ? : faite de silence, elle est incapable de faire face aux difficultés actuelles. Mais laisser croire que cette tolérance pourrait s’exprimer par des signes ostensibles serait vain et succomberait si la diversité des communautés religieuses entraient en compétition pour occuper l’espace laïc de l’Ecole, chacun affichant des signes de clôture aux autres. C’est tout le contraire : le principe de l’école laïque est de laisser à chacun la possibilité de rencontrer l’autre sans voir en lui le représentant d’un groupe : le pire serait d’ethniciser les rapports sociaux. 

Aujourd’hui, on ne peut que constater la sécularisation de notre société. Cependant la prudence est de mise tant la désacralisation peut être lourde de conséquence. Si la structure religieuse de notre société n’est plus, il serait vain de croire que nous en avons fini avec la religion comme culture. Le modèle de laïcité de notre société a eu comme projet de contenir les prétentions de l’Eglise catholique en situation de quasi monopole. Or il convient effectivement de repenser la laïcité en fonction de ses nouveaux problèmes.

Une laïcité qui engendre le communautarisme religieux, culturel et social, relègue une partie de la société dans l’incompréhension même de son sens.

L’histoire de la laïcité républicaine a trop souvent ignoré l’individu alors que le multiculturalisme propre aux sociétés ouvertes, appelle une laïcité dont il faut redéfinir le sens, une laïcité réinterprétée qui favorise l’intégration plutôt que l’expression d’un républicanisme inadapté aux valeurs collectives de la société démocratique.

Voir "Duel sur la 3" du 10/02/2008, émission de Christine Ockrent avec François Bayrou :  http://programmes.france3.fr/duel-sur-la-3/39472335-fr.php
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /2007 22:58
Alors que la lecture de la lettre de Guy Moquet demandée par le chef de l’Etat fait débat, il convient de ne pas perdre de vue les priorités et missions de l’Education Nationale. Le Parti Communiste en fer de lance crie à la récupération politicienne comme s’ils avaient un « droit de propriété » sur ce héros national de la résistance (au même titre que le Front National s’approprie abusivement l’image de Jeanne d’Arc), et le gouvernement feint l’étonnement prétextant une polémique dérisoire.

En tout cas, puisque ce fût la première décision du Président Sarkozy, cette demande est naturellement perçue comme un geste fort, correspondant à une attente ? C’est là, une situation nouvelle alors que le seul constat des difficultés rencontrées par l’Ecole doit privilégier un espace de réflexion nécessaire, à sa juste mesure.

Le débat actuel élude la question la plus prégnante qu’il faut se poser : l’Ecole d’aujourd’hui répond-elle efficacement aux missions qu’elle doit remplir ?  

Qu’en est-il des trois missions principales actualisées par la loi d’orientation et de programmation pour l’école du 23/04/2005 : la maîtrise des compétences de bases pour assurer une insertion sociale et professionnelle ; l’acquisition des règles de citoyenneté nécessaires à la vie en société ; réduire les inégalités face à la réussite scolaire ?

 

Si le système éducatif parvient aujourd’hui à transmettre les savoirs fondamentaux au plus grand nombre, il n’en demeure pas moins qu’à la seule observation des statistiques (stabilité du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, stagnation du nombre d’élèves sans qualification), la réussite scolaire est plus contestable alors que la mise en place du socle commun contraint à assurer la maîtrise des savoirs fondamentaux. Pourtant la France accorde des moyens financiers légèrement supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce sont donc les moyens d’action qu’il faut redéfinir ici : en effet, on observe une inégalité des réussites en fonctions des milieux socioprofessionnels parallèlement à une concentration des difficultés dans les ZEP alors que le coût consacré à la scolarité d’un élève y est nettement inférieur, à celui issu de milieux favorisés fréquentant un établissement de centre ville. Enfin, il faut noter le sentiment d’insécurité qui peut régner dans certains établissements dans lesquels la violence sévie, mettant à mal la mission d’acquisition des règles de citoyenneté.

 

Une des premières mesures contre laquelle nous nous sommes opposé à l’UDF – Mouvement Démocrate, concerne la suppression progressive et généralisée de la carte scolaire. Nous avons été rejoints par de nombreux observateurs qui craignent qu'à terme, cette mesure renforcera les inégalités entre les « bons » et « mauvais » établissements. Ce qu’il faudrait, c’est une nouvelle définition des moyens en valorisant les établissements des zones sensibles, avec des options et classes prestigieuses pour assurer l’égalité des chances sur l’ensemble du territoire.

 

Il existe pourtant des marges de manœuvres pour lesquelles il faut redéfinir les moyens au sein même des établissements. Parallèlement, la commission sur l’évolution du métier d’enseignant présidée par l’ancien Premier Ministre Michel Rocard devrait annoncer des propositions début 2008, tant les réformes sont ici aussi, nécessaires.

 

Le Président Sarkozy dans sa « lettre aux éducateurs » adressée à tous les enseignants définie sa mission « Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à tous », fait l’éloge de valeurs partagées par le plus grand nombre (autorité, respect, transmission du savoir et des valeurs, condamnation du relativisme culturel). La lettre de Guy Moquet est également chargée de valeurs (citoyenneté, valeurs familiales, …). Ces valeurs pour qu’elles s’inscrivent durablement doivent pouvoir s’établir sur un système éducatif qui remplie d’abord ses missions.

 

le Président Sarkozy conclue sa lettre ainsi : « Le temps de la refondation est venu (…). Nous avons déjà trop tardé."

Oui, c’est vrai !, et à défaut de servir la cause partisane des uns et des autres, le débat actuel est plutôt contre-productif à l'égard de l'intérêt général.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Lundi 8 octobre 2007 1 08 /10 /2007 09:13

Les tests ADN relèvent-ils du détail comme l’a affirmé François Fillon ? Si tel est le cas, pourquoi alors insister et le rendre indispensable à la loi ? : C’est parce qu’il touche au fondement même de nos valeurs républicaines. Certes, la version actuelle est très édulcorée par rapport au texte initial dans le sens où le recours à la génétique ne sera invoquée que dans le cas de pays où l'état-civil est défaillant, en guerre civile ou en chaos administratif… ce qui représente en France quelque centaines de demandeurs par an. Le fait que cette demande ne soit prévue que pour la mère amène quelques remarques : qu’en est-il des pères veufs, des enfants adoptés, des familles recomposées… ? Le sénateur Robert Badinter a défendu que "la réalité biologique n'est pas nécessairement la réalité affective".

 

Nous démocrates, nous opposons à ce texte pour des raisons morales, éthiques, juridiques et contraires à nos valeurs humanistes et à notre idéal républicain. Ceci ajouté au fait qu'en règle de droit international privé, c'est la loi étrangère du pays de la mère qui s'applique.

Il appartient désormais au Conseil Constitutionnel de dire si ce texte est conforme ou non aux valeurs républicaines de notre pays.


L’impact d'une telle décision serait lourd de conséquence  à l’échelle européenne si la France légalisait le recours aux tests ADN, alors que dans le même temps certains pays de l'Union européenne tentent de l'introduire depuis qu'elle a décidé de se doter d'une politique commune dans ce domaine. Certains pays y recourrent déjà sans que cela soit d'ailleurs probant.

François Bayrou, président de l'UDF - Mouvement Démocrate Le journal satirique Charlie Hebdo associé à SOS Racisme, à lancé une pétition contre ce texte, à laquelle de nombreuses personnalités du spectacles mais aussi de la politique ont apporté leur signature : François Bayrou, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, le généticien Axel Kahn, Bernard Thibault (sécrétaire général de la CGT) ainsi que les actrices Isabelle Adjani et Jeanne Moreau.

 

Notons aussi parmi les personnalités politiques de premier plan qui ont témoignés leur hostilité aux tests ADN pour prouver une filiation : Martin Hirsch (haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté), membre du gouvernement ; et Edouard Balladur, ancien premier ministre et actuel président de la commission chargée de moderniser les institutions.

 

Courrier de l'Ouest - Ed. du 27 sept.07 [Laurent Gérault]


























Courrier de l'Ouest - Ed. du 27 sept.07 [Laurent Gérault]
Je rejoins Laurent Gérault, délégué départemental de l’UDF – Mouvement Démocrate qui a vivement réagi dans les colonnes du Courrier de l’Ouest daté du 27 sept.-07 (voir article ci-dessus), au nom du respect des personnes et des valeurs humanistes.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /2007 20:51

La France accuse un déficit budgétaire de 41,7 milliards d’euros et le poids de la dette s’élève à 64 % du PIB.  A eux seuls, la dette publique et le déficit public (46,3 % du PIB) ne permettent pas d’envisager sereinement une amélioration pour les finances publiques de la France.

Si la stratégie du gouvernement, qui consiste à relancer la croissance et maîtriser nos comptes publics, est une orientation responsable, la mise en œuvre et les résultats laissent apparaître les hésitations du gouvernement et un certain flou en terme de résultats :


- La prévision optimiste d’une croissance de 2,25 % du PIB pour fixer le budget 2008 amène d’avantage de réserves au regard des différents avis d’observateurs et tendances économiques nationales toujours surestimées par les gouvernements successifs (pour 2007, la ministre de l’économie maintient ses prévisions de 2 à 2,5 % alors que l’OCDE et l’Union européenne avancent 1,8 à 1,9 % !) ; et ce d’autant plus que la crise financière américaine provoque une baisse de croissance et fait planer le risque généralisé pour les pays de la zone euro.

- Par ailleurs, les objectifs de désendettement obligent à la plus grande prudence (le remboursement de l’intérêt de la dette représente la deuxième dépense de l’Etat). Et ce ne sont pas les rentrées fiscales qui permettront de juguler la dette. Le gouvernement table sur 18 milliards d’euros dont la moitié servira à financer le « paquet fiscal » du président Sarkozy : exonérations de charges pour les heures supplémentaires et  baisses d’impôts (bouclier fiscal, allègement massif des droits de succession, etc.) dont les effets pour l’emploi et le pouvoir d’achat sont aussi peu probants qu’ils sont iniques.

- Enfin, pour réduire la dette publique, le gouvernement annonce une baisse de 23 000 fonctionnaires (mouvement amorcé depuis 2002) dont la moitié concerne l’enseignement scolaire et un quart pour la défense. Mais ces suppressions de fonctionnaires ne feront économiser à l’Etat que 233 millions d’euro (soit moins du millième des dépenses publiques évaluées à 271,8 milliards). De plus, alors que l’éducation devrait être la priorité, certaines mesures entre ici en dissonance.


La France occupe une bien mauvaise place à l’échelle de l’union européenne et la Commission devrait rapidement pointer Paris du doigt en raison du pacte de stabilité non respecté. Si la France est le pays le plus dépensier de l’Union, ce n’est c’est certes pas en s’en prenant à la BCE que l’on évitera les critiques émises par les pays membres.
La ministre de l’économie avait parlé de plan de rigueur ; le premier ministre a lui annoncé la situation de faillite budgétaire, avant d’être l’un et l’autre contredit par l’Elysée. Les mois à venir devraient pourtant donner raison à leur clairvoyance. « Ensemble, tout devient possible » symbolisait le slogan présidentiel de Nicolas Sarkozy : il y a le discours et la méthode qui ne sont pas à l’unisson.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Samedi 21 juillet 2007 6 21 /07 /2007 15:52
Alors qu’aucun candidat centriste n’a jamais réalisé le score atteint par François Bayrou pour la campagne présidentielle, l’épisode de l’entre deux tours qui a désorienté les électeurs, a divisé notre famille de pensée. Or si le centre veut peser, il doit s’exonérer de toute scission.

 

Ce sont les stratégies divergentes qui nous ont divisés et qui ont amené le lancement du Mouvement Démocrate par François Bayrou qui a fait le choix de maintenir la ligne d’indépendance « électorale », et la création du Nouveau Centre à l’initiative d’Hervé Morin avec les députés UDF sortants inscrits dans la majorité présidentielle.

Mais l’histoire doit nous rassembler, celle qui fonde la pensée politique et l’indépendance d’esprit que nous avons porté et défendu pendant la campagne et sur laquelle l’actualité récente nous a permis de nous retrouver :

-          L’amendement du député Charles de Courson (NC) excluant CSG et CRDS du bouclier fiscal, adopté par la commission des Finances de l'Assemblée a provoqué des turbulences dans les rangs de la majorité ; alors que ce projet de loi est très symbolique de la marque du président Sarkozy. François Bayrou s'est dit "très heureux de l'indépendance d'esprit" de M. de Courson "devant un texte (...) injuste dans son inspiration" et manquant "aux engagements européens".

-          Au cours de son entretien avec le chef de l’Etat dans le cadre de la consultation des partis politiques sur la modernisation des institutions françaises, Hervé Morin a soutenu des propositions qu’il avait défendues avec l’UDF pendant la campagne présidentielle : les droits du parlement ; l'introduction d'une "dose de proportionnelle" dans le scrutin législatif pour que tous les grands courants politiques soient représentés à l'Assemblée Nationale ; la suppression du cumul des mandats (afin que les députés se consacrent exclusivement à leur mandat) et dans le temps (pour que l’on ne puisse pas faire de la politique une carrière uniquement)…

 

Ces positions sont le témoignage d’une idéologie centriste pourtant aujourd’hui partagée entre le Mouvement Démocrate et le Nouveau Centre.

Dès lors, comment ne pas appeler et soutenir le rassemblement des centristes dans une famille politique modernisée accueillant tous ceux qui ont exprimé leur confiance à l’égard des idées de François Bayrou avant le premier tour de l’élection présidentielle et ceux qui défendent aujourd’hui ce que nous avons soutenu ensemble hier ?

 

Que va devenir l’UDF avec laquelle François Bayou a réuni près de 7 millions de nos concitoyens, et avant cela,  avait permis une bonne place sur l’échiquier politique à l’occasion des élections régionales et européennes ? (Le score en demi-teinte des dernières législatives est le résultat du bipartisme avec pour conséquence, l’expression des votes favorables ou non à la majorité présidentielle en l’absence de prise en compte proportionnelle.)

 

Notre famille de pensée doit se restructurer pour peser, modérer et construire à l’Assemblée Nationale, au Sénat mais aussi pour les prochaines échéances municipales.

Je suis à l’UDF – Mouvement Démocrate pour sa liberté et son indépendance d’esprit, persuadé qu’en faisant travailler des sensibilités différentes autour d’un projet commun, on sert l’intérêt général. La question de l’indépendance idéologique est primordiale, car celle du dialogue et des accords est susceptible de se poser.

2 hypothèses se présentent pour les élections municipales pour les centristes : soit nous constituons des listes de rassemblement, soit nous participons à des listes d’union. Dans ce cas, ce qu’il faut privilégier c’est notre indépendance idéologique et construire un projet basé sur des valeurs que nous partageons, avec ceux qui veulent exercer un mandat plutôt qu’occuper un siège, qui ont de l’ambition pour leur commune, qui prendront en compte les préoccupations de chacun dans l’intérêt général, et qui veulent donner du sens à l’action politique locale. Dans les 2 cas, il faudra être conciliant mais exigeant.

 

Etre élu, c’est servir. Le centre à toute vocation à unir, agir et construire. Des centres ajouteraient confusion et éparpillement !

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 15:44

TGI-Saumur.jpg La refonte de la carte judiciaire fait débat à Saumur parce quelle menace de fermeture le Tribunal de Grande Instance.

D’un côté, la concentration des moyens devrait permettre à la profession des évolutions et une modernisation nécessaires. De l’autre, on risque fort d’assister notamment à un manque d’équité d’accès au droit exacerbé que le regroupement ne résoudra pas.

Cette réforme de rationalisation du fonctionnement des tribunaux est poussée par des logiques de gestion. Or la justice a pour fonction de donner à la société force et lien. La suppression du Tribunal de Grande Instance et à fortiori du Tribunal de Commerce aura des conséquences humaines et économiques.

Le maintien du Tribunal à Saumur est de nature sociopolitique pour deux raisons. Il faut préserver la proximité de la justice vis-à-vis des citoyens, fondement de notre société (la justice dans notre République est rendue au nom du peuple français : cette conception réclame la proximité), et assurer le maintien d’une activité dont la suppression aurait des effets économiques évidents.

 

Le gouvernement risque de vouloir aller vite profitant du changement et par crainte d’échouer s’il attend les élections municipales. La légitimité du magistrat et celle de l'élu du peuple s’opposent. Parce que la décision est politique, nos parlementaires ont pour rôle ici de faire entendre les enjeux locaux alors que cette réforme peut mettre à mal la proximité de la justice et la fonction symbolique qu’elle exerce.

Battu aux dernières élections législatives, je n’en demeure pas moins vigilant. Certes, la refonte de la carte judiciaire faisait partie du programme porté par Nicolas Sarkozy, l’UMP et ses élus. Mais Le rôle d’un  élu (représentant tous les citoyens de sa circonscription) à l’Assemblée Nationale consiste à défendre les citoyens devant le gouvernement et non de soutenir sans condition le gouvernement face aux citoyens.

Quel intérêt sera défendu par nos élus à l’Assemblée Nationale ? Le temps n’est pas à la polémique mais à la défense de l’intérêt général.

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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 13:47
Le résultat des élections législatives semble nous orienter vers ce que nous avons dénoncé pendant la campagne : un bipartisme stérile.

La gauche dans son rôle d’opposition a usé ses tactiques politiciennes habituelles en agitant des craintes sur la TVA sociale sans même faire le constat qu’il est temps de s’interroger sur le financement de la protection sociale collective, parce que les salaires ne permettent plus de constituer à eux seuls l’assiette du financement de la protection sociale. Premier revers pour Nicolas Sarkozy alors que 60% des français seraient opposés à la TVA sociale. (sondage CSA du vendredi 15 juin pour le Parisien). Nous avons assisté à un flottement de la droite à ce sujet, tant l’exécutif a tenté de déminer le terrain.

L’opposition si elle s’exonère d’être une force de proposition ne conduira son courant que dans le blocage en surfant sur la polémique. Plutôt que d’agiter des craintes, le débat aurait du permettre d’évaluer la pertinence des solutions envisageables entre un transfert des charges patronales, ou celui des charges salariales vers une autre source de fiscalité, ou encore l’augmentation de la CSG… Rien ! Il nous a été opposé TVA sociale et pouvoir d’achat, comme si le déficit ne jouait pas déjà sur notre pouvoir d’achat…

L’état de grâce de la majorité victorieuse serait-il déjà fini ? Le couac de la TVA sociale et le début de polémique sur l'ampleur des déductions fiscales promises pour les intérêts d'emprunts pour l'achat d'un logement en sont l’illustration. Du coup, l'UMP, qui pouvait espérer plus de 400 sièges, après un premier tour qui lui avait permis d'en rafler une centaine, devra se contenter de 314 députés (45 de moins que dans l'Assemblée sortante). Ce constat, malgré la perspective écartée d’interdiction du cumul des mandats que je déplore, devrait concentrer les députés sur l’exercice de leur mandat, plutôt qu’au contrôle des pouvoirs en faisant des législatives une valeur de sondage avant les municipales comme cela a déjà été annoncé !

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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 11:56
S’agissant de la recomposition du gouvernement après l’échec d’Alain Juppé, seul ministre d'Etat, qui fait les frais de l’annonce de M. Fillon affirmant que  tout ministre candidat qui perdrait les élections devrait quitter le gouvernement, j’oppose la popularité et la compétence. Cela ne fait de doute à personne : quand F. Fillon précise que c’est devant le peuple et c’est par lui qu’il tire sa légitimité et son autorité, on se rappelle d’un ancien premier ministre récent auquel le reproche était fait de n’avoir jamais été soumis aux suffrages des Français.

La question est ici de savoir s’il vaut mieux des responsables politiques compétents ou populaires. Ce bouleversement est d'autant plus emblématique que le ministère de l'Ecologie et du Développement durable, numéro deux du gouvernement symbolise l'une des priorités politiques du nouveau président. L’amalgame qui est fait entre la popularité et la légitimité est déconcertant, car si c’est la popularité qui préside les orientations et les choix politiques, nous allons assister à une remise en cause des réformes nécessaires pas forcément populaires. Ces élections législatives en ont été la preuve : au premier tour, les électeurs ont ratifié le vote Nicolas Sarkozy, et le second tour a été un vote de correction, traduit par une très forte poussée des seuls en lice.

Personne ne remet en cause la compétence de Raymond Barre qui a été le seul à contenir l’équilibre des finances publiques. Sauf qu’en 1988 lorsqu’il annonçait qu’il faudrait se serrer la ceinture, cela n’a pas fait de lui quelqu’un de populaire et il n’a pas été élu… La suite avec un déficit galopant n’a échappé à Personne. Entre une gauche qui doit lutter contre ses problèmes d'ego (les "éléphants" et les "jeunes lions") et une droite qui cherche à dire aux Français ce qu’ils ont envie d’entendre, nous appelons de nos vœux qu’un vrai débat puisse avoir lieu à l’Assemblée Nationale représentée par 2 clans majoritaires. Le rôle de nos élus et de notre Mouvement Démocrate repose sur un discours de vérité qui s’inscrit dans l’intérêt général.

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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /2007 18:06
Le thème de la TVA sociale fait débat. Entre ce que le programme présidentiel prévoyait et ce qui s’annonce, un trouble dû au manque de visibilité d’application s’est installé dans l’opinion publique.
Entretien avec Stéphane ROBIN

 

Ministere-Economie-Finances-Industrie.jpg Elisabeth Jousse : En quoi consiste la TVA sociale ?

Stéphane Robin : Le principe de la TVA sociale consiste à transférer des charges patronales supportées par les salaires vers une autre source de fiscalité à budget constant dans le seul but de financer la protection sociale collective.

 

E. J. : Pourquoi s’interroger sur le financement de la protection sociale collective ?

S. R. : Parce que les salaires ne permettent plus de constituer à eux seuls l’assiette du financement de la protection sociale : dépenses d’assurance maladie et de la branche famille. Si l’on réside sur le territoire français, les soins sont remboursés à taux fixe quel que soit le revenu. Il en va de même pour les allocations familiales. Dès lors, il convient de s’interroger sur le mode de financement de la solidarité : l’accès aux soins et l’aide aux familles sont l’affaires de tous les français et pas seulement des salariés. Il est donc  inconcevable que ce type de prestations soit uniquement financé par des charges salariales ; il faut utiliser le levier fiscal que tous les résidents paient : la TVA.

 

E. J. : Pourquoi ne pas augmenter les charges salariales ?

S. R. : Si l’on taxe la production, nous activons la délocalisation d’activité et d’emploi. La TVA sociale permettrait de combattre les délocalisations par une amélioration de la compétitivité du travail, et de lutter contre le chômage. Notre système contredit la volonté de promouvoir l’emploi et met en cause la capacité effective à financer la solidarité nationale. La fiscalisation des ressources des branches santé et famille par la TVA permettrait d’atteindre nos objectifs : la politique familiale coûte entre 23 et 25 milliards d'euros par an et les cotisations d’assurance maladie s’élèvent à 58 milliards d’euros. Or une augmentation de 5 points des 2 taux de TVA (réduit à 5,5% et normal à 19,6%) rapporterait 40 milliards d'euros.

 

E. J. : La mise en place de la TVA sociale n’est-elle pas un risque pour le pouvoir d’achat des Français ?

S. R. : Je reprendrais ici l'exemple cité par Jean Arthuis : à partir d’une augmentation de 5 points, prenons l’exemple d’un article manufacturé proposé à 100 € hors TVA, soit 119,60 € TVA comprise.  Du fait de la suppression des charges d’assurance maladie et de la branche famille, il pourrait être proposé à 95 € hors TVA. Supposons une TVA à 25 %, le prix TVA comprise serait de 118,75 €.

Bien entendu, cela ne peut fonctionner que si les employeurs ne gardent pas à leur profit les exonérations de charges sociales, mais la concurrence devrait y mettre bon ordre. Cependant, c’est bien une suppression des charges d’assurance maladie et de la branche famille qui doit s’opérer et non une baisse des cotisations comme c’est le cas depuis 1993 qui n'ont aucunement enrayé la "vie chère". Avec une baisse progressive des cotisations, les prix augmenteront et provoqueront une détérioration du pouvoir d'achat des ménages, ce qui cassera la consommation, actuellement le seul moteur de la croissance.

 

E. J. : Quels sont les financements qui doivent rester à la charge de l’employeur et du salarié ?

S. R. : La protection sociale individuelle c'est-à-dire la retraite, les prestations chômage et les indemnités maladies dépendent directement des revenus de l'individu. Le mode de financement des régimes de retraite obligatoires doit donc rester à la charge de l’employeur et du futur retraité (car il s’agit d’un salaire différé), ainsi que le risque d’accident de travail.

Le risque chômage doit aussi rester à la charge des employeurs et des salariés et être géré par les partenaires sociaux, à condition d’en faire un levier efficace de retour à l’emploi.

Il est justifié que ce type de protection soit financé par des cotisations sociales sur les salaires, et tel est le cas depuis 1945.

 

E. J. : Entre ceux qui sont pour ou contre la TVA sociale, quel(s) argument(s) faut-il avancer ?

S. R. : Il faut se poser la question de savoir si la TVA sociale est juste ou pas ? Les produits ou services importés sont exonérés de toute participation au financement de la protection sociale. Il en est autrement pour les produits et services français qui intègrent le poids des cotisations sociales. Où est l’équité ?

Au Danemark, les cotisations sociales versées par les employeurs ont été pratiquement supprimées et le manque à gagner pour les finances publiques a été compensé par une augmentation de la TVA.

Enfin, la TVA sociale est un thème favorable à la relance de l’Europe. Prenons l’exemple du plombier polonais qui devait payer ses cotisations sociales en Pologne alors qu’il travaillait en France. Avec la TVA sociale, il acquitterait la TVA dans le pays dans lequel il travaille et facture ses prestations, et non pas dans son pays d’origine.


ARTHUIS.jpg Voir l'entretien du Journal des Echos avec Jean Arthuis, Président de la commission des finances du Sénat :
http://www.lesechos.fr/info/chats/300179184.htm
Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
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