Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 20:40

http://www.generationsengagees.fr/userfiles/images/identite_nationale.jpgLe débat relancé sur l’identité nationale par le chef de l’Etat agite un certain nombre de repères à un moment où il est surtout nécessaire que chacun soit rassuré devant l’avenir alors même que le destin n’est plus balisé. Ce constat soulève t-il de grandes peurs autour de l’identité, de perdre son identité ?  Donc en plus haut lieu, on fait le débat sur l’identité nationale... !

Premièrement, définir l’identité nationale fait référence à l’histoire heurtée de la nation.  Au Moyen-âge, la nation française était celle de l’Ile de France, il y avait la nation picarde, flamande, etc... La nation c’était la communauté d’origines moins diverses qu’aujourd’hui ; mais c’est ainsi que la nation s’est construite. Puis on a bâti des royaumes. A la révolution, l’idée de nation politique est née du fait que la souveraineté n’est pas dans le souverain, mais qu’elle est dans le peuple.

Ce sont ces deux sens qui sont constamment chahutés à l'intérieur de la réflexion : nation comme origine / nation comme communauté de citoyens.

Faire référence à l’histoire (à un moment ou l’on veut supprimer l’histoire en terminale scientifique) est [à mon sens] ici indispensable pour comprendre que les peuples doivent savoir d’où ils viennent pour comprendre où ils vont. J’ai rencontré il y a peu lors des commémorations en hommage aux harkis, un enfant d'immigrés venus de l'autre côté de la Méditerranée. Né ici, il m’a interpellé au sujet de ce débat en m’expliquant que pour lui se souvenir d’où il vient : "c'est être mieux dans sa peau".
Je lui ai dit que l’identité nationale c’est à la fois être capable d’admettre la nation comme origine, et la nation comme communauté de citoyens… ceux qui se reconnaissent membres du même peuple, par la langue. Parce que lorsque l’on est coupé de ses racines, il n’y a pas de lien plus profond à l’intérieur du peuple d’accueil que celui de la langue : ce lien commun qui fait de nous un peuple.

Deuxièmement, l'identité de la France ne serait pas ce qu'elle est si nous ne respections pas les valeurs républicaines qui ont fait de nous un peuple de citoyens. La République, ce n’est pas qu'un slogan au fronton des mairies, c'est un projet en soi : « Liberté, égalité et fraternité à l'intérieur de nos frontières et dans le monde », tel est le projet de la République Française.
Chaque fois qu'il a été manqué à la fraternité entre les peuples (discours de Dakar), chaque fois qu'il a été porté atteinte à la laïcité (discours de Latran), chaque fois que des choix sont faits qui sont des choix de préférence pour mettre ses proches dans les situations de responsabilité (Epad)… A tous ces exemples, à chaque fois, il est porté atteinte à l'identité nationale par le Chef de l’Etat.

Pour conclure, ce débat peut trouver du sens s’il favorise l’intégration de la diversité culturelle, propre aux sociétés ouvertes ; plutôt que l’expression d’un républicanisme inadapté aux valeurs collectives de la nation démocratique… parce que le risque du pire, serait d’ethniciser les rapports sociaux.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Opinion
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés