Le Chef de
l’Etat vient d’annoncer une série de mesures inscrites dans un nouveau plan à destination des jeunes aujourd’hui sévèrement touchés par la précarité sociale. Les perspectives sont sombres pour
cette nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail. Les jeunes sont
ceux qui ont le taux d’activité le plus faible même quand la conjoncture est favorable. Même ceux qui ont fait des études
connaissent des difficultés : les entreprises, confrontées à la récession, ont considérablement revues à la baisse leurs prévisions d'embauche de jeunes diplômés. Seulement un apprenti sur
deux décroche un contrat à durée indéterminée aujourd’hui.
Considérons que tout ce qui vise à faire le ciment entre la jeunesse et la société mérite d’être souligné. Ce plan dispose de mesures
intéressantes, certaines nouvelles, d’autres remodelées, notamment l’extension du RSA aux moins de 25 ans, le dixième mois de bourse étudiante ou le doublement de l’aide
complémentaire santé… Mais est-ce suffisant ? Quels seront les effets ? Enfin d’autres mesures sont annoncées mais manquent à ce jour de
précisions.
Parmi les mesures, notons l’extension du RSA aux jeunes 18 – 25 ans sous certaines conditions (qu’ils aient travaillé deux ans ou 3600 heures au cours des 3 dernières années). Les jeunes pourront
en bénéficier s'ils sont chômeurs ou s'ils ont réduit leur activité, après extinction de leurs droits aux Assedic, et qui ne se verront plus privé d'aides pour les accompagner. Dans une certaine
mesure, cette extension est une avancée pour une simple raison d’équité et de cohérence institutionnelle dans l’accès aux prestations sociales : c’est une nécessité de traiter un salarié de 24 ans d’égal à égal avec un
de 26 ans qui voyait son revenu complété par le RSA. C’est le cas de jeunes basculé hors de l’emploi ou qui subissent des situations de SMIC à temps partiel notamment.
Restent les écueils liés au RSA qui dans certains cas risquent de pérenniser des individus dans un emploi précaire. Par ailleurs, cette mesure exclut de la redistribution, ceux
qui sont dépourvus de revenus et qui ne peuvent pas tous compter sur les solidarités familiales très inégalitaires. Les conditions
excluent également toute une part de jeunes dont une des seules portes d’accès au marché du travail reste l’intérim, et dont le quota d’heures risque de ne pas être atteint.
Dans quelle mesure ce dispositif va permettre d’inscrire les jeunes dans un parcours vers l’emploi en favorisant l’insertion dans le monde du travail ? Il est à craindre que l’effet soit modeste. Si cette mesure a un coût (250 millions d’euros), ramené par bénéficiaire, elle n’est pas suffisante pour conduire à l’autonomie.
Cela souligne l’importance d’une politique d’emploi, sans quoi les jeunes et plus particulièrement les moins qualifiés continueront de porter le poids de la flexibilité et du chômage... Les jeunes ont besoin de boulot !
Dans quelle mesure ce dispositif peut préserver les jeunes de la précarité sociale ?
Les conditions restrictives risquent de limiter la portée de cette mesure qui devrait bénéficier à une minorité (environ 160 000 jeunes) sans freiner l’augmentation de la pauvreté et de la précarité de cette tranche d’age.
Une avancée certes… Suffisante ? : Non…