Vendredi 24 juillet 2009
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En votant
finalement l’extension du travail le dimanche, qui prend place au rang du « travailler plus pour gagner plus », le parlement fait courir trois risques pour des raisons simples
:
Cette loi ne va pas créer d’emplois nouveaux.
L’argent dépensé le dimanche ne pourra plus l’être
pendant la semaine. Le chiffre d’affaires réalisé le dimanche c’est donc autant de moins réalisé la semaine ; et par voie de conséquence, les emplois nécessaires le dimanche seront autant
d’emplois en moins la semaine.
Le principe du volontariat des salariés ne tient pas.
La part du « libre choix » du
salarié de travailler ou non le dimanche pose question compte-tenu du lien de subordination avec son employeur.
Par ailleurs les dérogations sont de plein droit dans 3500 communes touristiques et 523 zones classées auxquelles on peut potentiellement rajouter 6000 communes à vocation
touristiques. En ce qui concerne la vingtaine de PUCE « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » (agglomération urbaine de plus d’un million d’habitant), ce dispositif vient
finalement légaliser des situations d’ouvertures illégales pratiquées jusqu’alors, sources de contentieux juridiques.
Pas de pouvoir d’achat supplémentaire pour les salariés.
Les salaires doublés (ou repos
compensateur) concerneront au final que très peu de personnes qui travailleront le dimanche, puisque cette mesure ne s’appliquera pas aux dérogations des communes touristiques et zone classées. En
ce qui concerne les PUCE, cette mesure s’appliquera qu’en l’absence d’accord collectif, si l’autorisation a été accordée à la suite d’une décision unilatérale de l’employeur. En d’autres termes,
les conventions collectives ou accords de branches qui peuvent exister (dans la distribution par exemple) pourront ouvrir droit à l’obtention de primes, mêmes
mineures.
Où est l’intérêt social de cette loi ?
Pour les cas concernés par le doublement du
salaire, il n’y a pas de « libre choix » possible pour celui ou celle qui compte à l’euro près à la fin du mois, surtout quand elle élève seule ses enfants. Pour les petits commerces
souvent tenus par un couple seul sans employé, ils n’auront pas d’autre choix que d’ouvrir. Dans le cas ou les personnes concernées sont parents, soit les enfants seront seuls à la maison,
soit il faudra trouver une solution de garde le dimanche.
Mais le fait d’avoir ou non
des enfants ne doit pas être le seul argument : si nous concevons la politique avec notamment la préoccupation d’un contrat social, alors il est bon
qu’une journée ne soit pas consacrée au profit, mais à la construction et l’émancipation de ce que nous sommes en donnant la priorité aux siens, à la famille et aux amis, au vivre ensemble, à
l’éducation, la culture, le sport : c’est un choix politique, un choix de société.
Pour des raisons personnelles, professionnelles et par mes responsabilités politiques, je sais très bien qu’il y a des secteurs dans lesquels on travaille le dimanche pour
des raisons évidentes liées aux conditions d’activités (Hôtellerie, Tourisme, Santé…) ; cela n’enlève pas pour les personnes concernées qui ont fait ce choix, de reconnaître les difficultés
que cela peut coûter. De là, à souhaiter l'étendre à d'autres... !
Par Stéphane ROBIN
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Publié dans : Opinion
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