La politique de défiscalisation des heures supplémentaires (loi TEPA : Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat votée en aout 2008) mise en place par le
gouvernement a nettement dégradé la situation en période de crise. Les entreprises préfèrent bénéficier d’exonérations d’heures supplémentaires, et ne pas recourir aux missions de travail temporaire qui visent tout particulièrement les 18-24 ans. Inciter les entreprises à faire des heures supplémentaires alors qu’il n’y a plus d’activité est nuisible et provoque
indéniablement une concurrence entre le temps de travail et l’emploi, au détriment des jeunes, plus précaires (alors que l’intérim permettait une relative voir certaine stabilité professionnelle et autonomie grâce aux successions de missions intérimaires).
L’INSEE nous indique qu’il y a une augmentation des heures supplémentaires au cours de la période récente, alors qu’en période de
crise, la variable d’ajustement, c’est justement le temps de travail avec en principe des mises en chômage partiel suivies ensuite par le non renouvellement de missions intérimaires, de
CDD jusqu’aux plans de licenciements. Même si le chômage n’est pas seulement dû à cette loi, cette mesure de flexibilité du travail ajoute la crise à la crise, en ce sens qu’il n’y a pas eut d’amortisseur de la durée de travail, et démontre
aujourd'hui dans les faits que les entreprises se séparent en priorité des jeunes. Dans le Saumurois, la baisse de l’intérim approche les – 30 % d’activités.
Dans ce contexte de crise, le gouvernement entend-il maintenir des engagements de campagne de
Nicolas Sarkozy envisagés dans une perspective de période de croissance durable et baisse massive du chômage (même si cela pose question d’inciter, à grand renfort d’argent public, les
entreprises à faire faire des heures supplémentaires à leurs salariés en poste à plein temps plutôt que d’embaucher des jeunes et des demandeurs d’emploi), alors que les effets néfastes sont
incontestables ?
Si la mise en parenthèse paraitrait responsable, au mieux, le gouvernement aurait du
favoriser les petites entreprises (TPE et PME) avec des propositions de création d’emplois sans charge.
On le voit aujourd’hui, ce sont les grandes entreprises qui ont le plus de chances
d’obtenir des aides alors que ce sont les petites entreprises qui sont les plus fragiles (moins d’autofinancement et plus de contraintes de
crédit).
A l’échelle
d’un département comme le nôtre, quand une entreprise licencie 300 personnes, on en parle beaucoup, quand ce sont 100 PME qui licencient 5 personnes, on n’en parle
pas.
Amicalement,
Babeth