Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 23:22

Les réformes successives des gouvernements VILLEPIN et présidence SARKOZY, qui ont conduit à un marché du travail flexible, démontrent aujourd'hui que les entreprises se séparent en priorité des jeunes. Le dernier phénomène observé pour illustrer mon propos concerne la loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat) votée en aout dernier qui exonère les heures supplémentaires. Cette loi provoque plus de précarité chez les jeunes : face à une baisse d’activité due au ralentissement économique massif, les entreprises préfèrent garder leurs salariés et bénéficier d’exonérations d’heures supplémentaires, pour se séparer des intérimaires, dont les missions précaires de travail temporaire visent tout particulièrement les 18-24 ans.

Cette réforme provoque indéniablement une concurrence entre le temps de travail au détriment de l’emploi des jeunes.

Président de la Mission Locale du Saumurois, je constate sur le terrain que nous accueillons de plus en plus de jeunes qui étaient parvenus à une relative voir certaine stabilité professionnelle et autonomie grâce aux successions de missions intérimaires… des jeunes parfois diplômés qui ne fréquentaient généralement pas nos structures d’accueil.

Il y a de quoi s’inquiéter, on estime aujourd’hui autour de 15% le nombre de jeunes de 16 à 25 ans qui ne sont inscrits ni en formation, ni bénéficiant de droits (les 18-24 ans sont non éligibles au RMI).Ce qui s’est passé en Grèce doit interpeller le gouvernement : quand on a dans notre société, 15 % de nos jeunes qui sont inscrits nulle part, on est alors en droit de s’inquiéter. Par ailleurs, les jeunes sont aujourd’hui majoritairement présents dans les centres d’hébergement alors qu’ils ne représentent que 9 % de la population.

Si nous ne voulons pas que les jeunes de 16-25 ans franchissent un nouveau seuil dans l’exclusion marquée par une nouvelle forme de pauvreté, basculent dans une marginalité à durée indéterminée… alors l’intervention publique est nécessaire afin que nos jeunes qui se croient sans avenir dans une société qui leur ferme toute ses portes ne basculent pas dans une stratégie de désespérance sociale.

Sans être alarmiste, nous devons nommer les choses si nous voulons nous y attaquer : la France a basculé dans la récession et l’économie française va continuer à perdre des emplois en 2009 à un rythme plus rapide encore qu’en 2008. Les destructions nettes d’emplois salariés dans les secteurs marchands non agricoles seront parmi les plus importantes. Le taux de chômage risque vraisemblablement de dépasser la barre des 8% pour atteindre les 3 millions de chômeurs.

Face à une situation d’urgence, nous devons réagir dans l’urgence. Et cet état de fait doit pour les tous prochains mois nous inscrire dans une démarche dans laquelle nous ne devrons pas seulement réagir, mais agir avec l’anticipation nécessaire.

Par Stéphane ROBIN - Publié dans : Actualité
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