Lundi 1 décembre 2008
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30 ans après l’indépendance de l’audiovisuel voulue par le Président Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy annonçait le 8
janvier 2008, le bouleversement total de l’architecture de l’audiovisuel public, camouflant derrière la suppression de la publicité après 20 heures dès le 5 janvier 2009 (et
totalement à la fin 2011), une régression inimaginable sans précédent.
Ce n’est pas moins la transformation du groupe
public (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô) en une entreprise unique qui est mise en cause dans ce projet de loi : mais surtout la nomination de son PDG en conseil des
ministres et la dépendance budgétaire !
Ainsi, au lieu d’avoir l’indépendance de l’audiovisuel public, c’est la dépendance et la soumission au pouvoir que l’on tente de nous imposer. Or, les chaines de radios et de
télévisions publiques n’appartiennent pas à l’Etat, mais aux auditeurs et téléspectateurs qui paient la redevance. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudra pas une réforme nécessaire de cette
redevance au montant unique qui met à contribution tous les français sans tenir compte de leurs moyens, quelque soient leurs conditions de ressources… mais par définition, la redevance : c’est
la liberté par rapport au pouvoir, à l’exécutif.
L’exemple de l’Italie doit nous interpeller : en Italie, le président de la télévision est nommé par une commission présidée par l’opposition… Non seulement le projet de loi de
gouvernement français, prévoit la nomination du PDG de l’entreprise unique publique, mais aussi sa révocation. On revient au temps de l’ORTF.
A cela s’ajoute la suppression de la publicité dont le manque à gagner devrait être compensé par des taxes sur les recettes publicitaires des chaines privées et sur les opérateurs de
télécommunication. Or, d’ors et déjà, les députés de la majorité ont adopté, en commission spéciale, deux amendements qui diminuent de moitié ces nouvelles taxes. La difficulté réside dans
l’incertitude du financement à l’horizon 2012.
Nous souhaitons qu’un nombre suffisant de députés puisse déposer une motion de censure contre cette réforme de l'audiovisuel public actuellement discutée à
l'Assemblée nationale, et nous soutenons les salariés du secteur.
Par Stéphane ROBIN
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Publié dans : Actualité
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