Si la question de l’indépendance de la presse est primordiale, celle des raisons qui motivent les choix de
l’investisseur n’en n’est pas moins prégnante. Elle amène à se poser la question de savoir si le pouvoir économique est plus pesant que le pouvoir politique. La vente du journal
déficitaire « la Tribune » par Bernard Arnault, peut laisser croire que le raisonnement économique ne tient pas, ou alors on peut se demander pourquoi la décision de céder ce titre
n’a-t-elle pas été prise bien avant de racheter « Les Echos ».
David Schneidermann d’ « Arrêt sur image » qui participait récemment à une émission sur iTELE, affirmait que certains sujets sont plus ou moins
traités selon les titres. Pour illustrer son propos, il prit l’exemple du voyage du Président de la République au Maroc (le 22/10, venu défendre son projet d’union méditerranéenne). Accompagné
notamment de chefs d’entreprise, La France est repartie sans contrat de vente du RAFALE. Ce que le journal « LE MONDE » qualifiait alors de « Fiasco marocain du Rafale » (le
23/10), le journal « LE FIGARO » détenu par Dassault n’en relatait pas une ligne.
Les journalistes des « Echos » en grève, brandissaient leur banderole « M. Arnault, l'indépendance ce n'est pas du luxe ». Faut-il lire que l’indépendance est
rare ? En France, la majorité des médias sont aux mains d’une poignée de grands industriels. A la question : la presse est-elle indépendante ? Le vieil adage « on ne mord pas
la main qui vous nourrit » doit nous inviter à la plus grande vigilance.
A lire également, le sujet relatif aux « Echos » de Jean Arthuis sur son blog : http://www.jeanarthuis-blog.fr/index.php?sujet_id=6049